Au cours des années 1880, la République modérée s'installe dans ses meubles. Mais elle déçoit rapidement. Toujours en butte à l'hostilité des droites, elle voit s'écarter ceux qui lui reprochent son indifférence à la "question sociale". A cela s'ajoute la critique de la politique coloniale -surtout à droite - et celle des institutions parlementaires qui traverse toute l'opinion.
L'accumulation des insatisfactions et des rancoeurs annonce le temps des crises: le boulangisme à la fin de la décennie, puis avec l'échec du Ralliement des catholiques, la radicalisation d'une partie des droites à l'occasion de l'Affaire Dreyfus.
Le Finistère, trop souvent associé dans la mémoire nationale au bloc conservateur de l'Ouest, n'est pas un continent isolé. Une fois de plus, sous le couvert de la République modérée, il manifeste sa sensibilité au mouvement général de la politique nationale, préparant la place à l'anarcho-syndicalisme brestois, au radicalisme cornouaillais et aux prémices de la démocratie-chrétienne dans le réduit léonard.